Initiation au bouddhisme par Jean-François Rial le jeudi 14 novembre 2013

Après le Bhoutan, ce pays au BNB (Bonheur national brut), il était bien normal de partir à la recherche du bonheur.

Notre invité est donc Jean-François Rial, président de Voyageurs du Monde. Nous n’accueillons pas l’homme d’affaires mais l’adepte de ce courant philosophique.

Le bouddhisme comprend deux aspects distincts. L’aspect religieux, du domaine de la croyance. On y trouve les notions de karma ou de réincarnation. Il en existe de nombreuses formes, notamment dans toute l’Asie du Sud-est. Jean-François se dit inspiré par le bouddhisme mais non croyant. Ce lunch and learn abordera plus volontiers le second aspect, l’aspect philosophique. C’est-à-dire essayer de comprendre le psychisme humain. Saisir les causes profondes de la souffrance et y apporter les remèdes. Nous sommes tous touchés par cette souffrance. C’est notre lot. Le bouddhisme cherche depuis des millénaires à trouver les causes de cette souffrance. Et répondre à ces questions : Comment vivre mieux ? Comment rendre les autres plus heureux ?

Jean-François est là pour nous donner quelques clefs, pour nous éclairer. Il évoque ainsi les quatre nobles vérités, les piliers du bouddhisme.

1ère Noble vérité : Dukkha

L’être humain souffre.

Notre existence est conditionnée par la souffrance. Notre naissance, notre mort, notre vieillesse en sont la preuve. L’être humain souffre. Et il souffre psychiquement. Jean-François insiste. Psychiquement. Car les souffrances physiques sont les résultantes de nos souffrances psychiques.

2ème Noble vérité : Sumudaya

Il y a des causes à ces souffrances.

Ces causes sont multiples. Mais nous nous arrêtons tout de même sur les plus importantes. La jalousie. L’envie est pure souffrance. La colère et la peur. L’Ego. Qu’il soit trop important ou au contraire pas assez. L’attachement  est également une cause importante de souffrance. Jean-François nous propose non sans humour de nous détacher de l’attachement. La peur du changement également. L’impermanence est une des causes importantes.

La pire étant l’ignorance. Nous ne parlons pas du manque de culture ou de l’idiotie. Mais bien de l’ignorance de ses émotions. C’est le meilleur moyen de s’enfoncer dans la souffrance. Nous souffrons tous. L’ignorant est celui qui ne le sait pas. Celui qui ne veut pas le savoir, quitte à se complaire dans cette situation.

3ème Noble vérité : Nirodha

Il existe des antidotes  à chacune de ses souffrances.

Attention, ces remèdes, ces antidotes ne sont pas un simple traitement à prendre une fois .Mais ils nécessitent un travail de tous les instants. L’application de ces remèdes demande une assiduité importante.

Un des remèdes est la bienveillance envers les autres. Comprendre la souffrance des  autres, c’est également comprendre sa propre souffrance. Soyez attentifs aux autres, vous verrez alors que parfois cette souffrance rentrera en résonnance avec la vôtre. Vous aurez alors accompli un grand pas vers votre propre connaissance. N’a-t’on pas dit que l’ignorance était la pire cause de souffrance ?

Pour aller plus loin, voici un extrait d’une autre prise de parole de Jean-François. Sur les vertus de la bienveillance :

http://www.youtube.com/watch?v=2NcGLkX_uOY

Certaines lectures peuvent ainsi vous orienter. Beaucoup de textes apportent des outils de compréhension de sa psyché. Voici quelques textes conseillés par Jean-François :

Plaidoyer pour le bonheur ou encore L’altruisme, la force de la bienveillance qui vient de paraitre par Matthieu Ricard.

Pour une vie réussie un amour réussi d’Arnaud Desjardins.

Le livre de la méditation et de la vie, ainsi que De la Mort de Krishnamurti.

Autobiographie d’un yogi de Yogananda.

Tous les hommes sont frères de Gandhi.

Soufi mon amour de Elif Shakak.

Mais Jean-François insiste surtout sur le fait de conserver son libre arbitre au cours de ces lectures.

« Des maîtres, oui. Des gourous, non ! » L’adoration est également un trouble psychique.

« Ne croyez rien parce qu’un sage l’a dit, parce qu’on le croit généralement, parce que c’est écrit, parce que c’est réputé divin ou parce qu’un  autre le croit. Ne croyez que ce que vous-même jugez être vrai. »

Un autre remède est dans la méditation. Il en existe plusieurs formes. Jean-François nous en résume une. « Ma méditation qu’est-ce que c’est ? C’est arrêter de penser. Mais allons plus loin. En réalité, la méditation, ce n’est pas arrêter de penser mais arrêter ses pensées et les observer, afin de comprendre ses afflictions, ses émotions »

4eme Noble vérité : Marga Sacca

Il faut suivre les enseignements de Bouddha.

Adepte du libre arbitre, notre intervenant aborde moins cet aspect. Plus contestable et religieux selon lui. En résumé, il s’agit de la recherche du chemin qui mène à la fin des souffrances, qui mène au Nirvana.

 

Ces quatre Nobles Vérités sont simples. Elles sont l’évidence même. « Et pourtant, pour les comprendre, pour les intégrer, il faut plusieurs vies. »

Nous n’avions malheureusement qu’une heure.

 

Les commentaires des participants :

Marie-Paule :

Merci à Jean-François de nous avoir consacré ce moment d’intimité (tout y était : la lumière douce, la pluie sur les carreaux…) et d’avoir échangé et partagé sur finalement quelque chose que nous portons tous en nous. Un objectif noble, vivre mieux avec soi-même et avec les autres. Nous avons quelques pistes même si l’étendue du travail à faire est vertigineuse. Encore merci.

Mamadou :

Alors je dirais que Jean François nous a parlé avec émotion, humilité et le tout dans une passion humble et donc cela fait de lui incontestablement  un homme intelligent, parce qu’une intelligence n’est belle que lorsqu’elle est partagée. Pour terminer je suis parti de cette rencontre ragaillardi et saoulé de bonheur par les mots vrais et touchants que j’ai entendus.

Norbert :

Durant cette rencontre beaucoup de notions sur cette philosophie ont été abordées. Ces thèmes tels l’impermanence ou la vacuité, qui remontent à la nuit des temps, nous sont transmis aujourd’hui montrent leurs caractères intemporel et poétique. Le voyage peut se situer entre les êtres, et n’a besoin d’aucun véhicule.

 Baptiste :

Je laisse habituellement la conclusion aux participants. Je vais pourtant faire une exception. Je me suis rendu à cette conférence, sans attente particulière pour le sujet. D’éducation, athée. De formation, matérialiste. De cœur, agnostique. Je fuis tout de qui ressemble de près ou de loin à une religion. Et pourtant… Je me suis surpris à apprécier la conclusion de Jean-François : « Restez libres ». Je n’ai compris que plus tard la puissance de cette phrase. Rester libre de ses émotions, rester libre philosophiquement. En ce soir d’écriture, je me surprends à réfléchir aux points abordés. Qu’est-ce qui me touche ? Qu’est-ce qui me blesse ? Quel besoin de me créer ces émotions néfastes ? En quoi puis-je agir ou réagir ?

Beaucoup de questions, des réponses à trouver par et pour soi-même. Voilà un lunch and learn intéressant.

1 Comment

  • Répondre novembre 18, 2013

    Cecile Arthus

    Très bel article ! Ça touche beaucoup ! A lire incontestablement 🙂 !

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