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« Isoler le présent pour s’en contenter »

C’est une plongée dans un monde brulant, suffocant, passionnant que nous propose les excellentes éditions Marchialy avec Kinshasa jusqu’au cou, cinquième livre publié à leur catalogue.

Son auteur, Anjan Sundaram, quitte en 2005 les Etats-Unis et un avenir tout tracé dans une grande banque d’investissement après de brillantes études à l’université de Yale. Lassé d’un monde « trop beau », c’est à Kinshasa qu’il choisit de se confronter au monde et à lui-même dans l’espoir de devenir journaliste. Sundaram nous entraîne avec lui dans cette quête de vérité vertigineuse, à la rencontre de l’Histoire d’un pays et d’un peuple fier éprouvé par des décennies de dictature. A travers ses mésaventures et découvertes c’est un véritable hymne à la République démocratique du Congo qu’il nous donne à lire. On ressort de cette lecture essoufflé, fasciné et définitivement moins ignorant, habité par la sensation d’avoir « percuté la réalité ».

(exposition/vente des travaux de Guillaume Guilpart, créateur des couvertures du 2 au 6 mai et rencontre avec les éditions Marchialy le jeudi 4 mai à la librairie Voyageurs du Monde)

Kinshasa jusqu’au cou, Anjan Sundaram, éditions Marchialy, 21€


Ville fascinante

Bangalore, monstre titanesque de béton et de constructions modernes. Cette ville passée de 800 000 habitants à 9 millions d’habitants en à peine 70 ans est boudée par nos attentes orientalistes… Cependant c’est avec une délicatesse presque naïve que Simon Lamouret opère pour rendre le quotidien de cette ville, captivant. Il scrute, observe, étudie sans relâche et ce durant 3 ans les habitudes des habitants de cette mégalopole en mouvement constant. Il y a quelque chose qui peut rappeler le travail de Rotrault Suzanne Berner dans l’application et la densité des détails, ceux-là mêmes qui inscrivent et contextualisent les histoires dans un lieu du monde. La banalité du quotidien devient à travers le trait méticuleux d’un illustrateur, simplement fascinante.

Bangalore, de Simon Lamouret, éditions Warum, 22€


Les pas s’effacent vite, les écrits restent

Au moment de refermer le livre on pourra regretter de ne pouvoir rencontrer Elisabeth Sauvy tellement on se retrouve propulsé à ses cotés ! Cette journaliste (contemporaine de Albert Londres et Joseph Kessel ), aventurière à la plume alerte, signe des textes superbes. Comment décide-t-elle de sa zone d’exploration ? De la façon la plus simple qui soit « Parce que c’est marqué en blanc sur les cartes ». Spontanée, moderne son écriture est un plaisir, qu’elle décide de conter le fond de la jungle indonésienne, le désert depuis la Perse jusqu’à la Mecque ou bien un vol au dessus des Etats-Unis. Tous ces voyages sont beaucoup moins anodins qu’ils n’y paraissent … pour l’Indonésie nous passerons chez les Toradjas pour une petite fête sacrificielle par exemple.

Une femme chez les chasseurs de têtes, Titaÿna, éditions Marchialy 18€

 L’équipe « lettrée » de la librairie

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